L'Origine des tribus d'Israël et de la Maison de Joseph

L’ORIGINE DES TRIBUS D’ISRAËL ET DE LA MAISON DE JOSEPH

Les patriarches Abraham, Isaac et Jacob

 

Dans le Livre de Mormon, il est souvent fait mention des tribus d’Israël, et notamment de Juda et Ephraïm. Par exemple, ce verset en 2 Néphi 29 verset 12 est très significatif :

 

Car voici, je parlerai aux Juifs et ils l’écriront ; et je parlerai aussi aux Néphites, et ils l’écriront ; je parlerai aussi aux autres tribus de la maison d’Israël, que j’ai emmenées au loin, et elles l’écriront ; et je parlerai aussi à toutes les nations de la terre, et elles l’écriront.

 

Il nous a paru intéressant de vous exposer ici les travaux du Professeur André Lemaire, qui est directeur d’Etude à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, en paléographie paléohébraïque, et qui fut le Directeur de recherche d’un membre de notre commission Ramah Project, voici quelques années.


Il s’avère dans ces travaux scientifiques, que la Tribu de Joseph/Ephraïm est très importante, cela est confirmé par l’archéologie. Donc voici un extrait des passionnantes recherches d’André Lemaire.

 

1 – Les Benê-Jacob ; probablement originaires de haute Mésopotamie, du pays araméen des environs de Harrân, quittèrent vraisemblablement cette région lors de l’écroulement du Mittani et de l’invasion assyrienne du Hanigalbat par Adadnirari 1er et Salmanzar 1er vers 1275 av. J.-C. Ils s’installèrent en Cisjordanie centrale, essentiellement dans la région située au nord et nord-est de Sichem. Le « dieu de leur père » semble avoir été « Pahad », probablement dieu – Parent/Lignée, mentionné en Genèse 31, 42/53. et se retrouvant apparemment dans le nom propre de la personne « Zelo-pahad », peut-être porté par un des chefs de ce groupe. Il est possible que ce clan ait aussi participé au culte du sanctuaire de « Baal/El Berit », « Maître/Dieu de l’alliance », proche de Sichem (Juges 8,33 : 9,4 ; Cf. 9,46).

 

2 – Le groupe lié au patriarche Abraham se situait primitivement dans le sud de la montagne de Juda, autour d’Hébron et de son sanctuaire extérieur, Mambré (Genèse 13,18 : 18), comme le confirment l’achat de la tombe de Makpélah à Hébron (Genèse 23) et le rattachement à Abraham de traditions concernant la descendance de Lot et le sud du bassin de la Mer Morte (Genèse 13,5-13 ; 18-19). Les traditions anciennes rattachent à cette tradition abrahamique plusieurs appellations de « El », mot qui signifie « dieu », dont il est parfois difficile de préciser s’ils s’agit d’un nom commun ou d’un nom propre : « El Shaddaï », peut-être « Dieu Montagnard » (Genèse 17,1 ;28,3 ;35,11 ;43,14 ;48,3 ;Exode 6,3 ; Ezékiel 10,5 ; Cf. Nombres 24,4.16…), et « El ‘Elyôn/Dieu Très-Haut » (Genèse 14, 18-22 ; Cf. Nombres 24,16 ; Deutéronome 26,19 ; 28, 1 ; Psaumes 7,18 ; 9,3 ; 21,8), apparemment en lien avec le lieu-dit « Shalem », référence voilée à Jérusalem.

 

3 – Le groupe visé par la patriarche Isaac se rattachait apparemment au Néguev, dans les environs de Béérshéba, région souvent désignée comme étant le territoire de la tribu de Siméon. Le sanctuaire principal de ce groupe semble avoir été celui de Béérshéba dédié à « El – ‘Olâm/Dieu d’éternité ? » (Genèse 21,33), tandis qu’un sanctuaire plus méridional pourrait avoir été dédié à « El-Roï/El qui me voit ? » (Genèse 16, 13.14).

 

Béérshéba 

 

Ainsi, outre le dieu ancestral du clan familial, les groupes évoqués dans ces traditions patriarcales paraissent surtout avoir fréquenté différents sanctuaires locaux du dieu « El ». D’après ces mêmes traditions, ces sanctuaires des traditions patriarcales semblent être à ciel ouvert et avoir comporté essentiellement trois éléments :

 

-         un autel,

-         une stèle,

-         un arbre sacré.

 

1 – Ainsi Abraham est-il présenté comme ayant bâti un autel au chêne de Mambré (Genèse 12,7 ; 13,18). Il en va de même pour Isaac à Béérshéba (Genèse 26,25) et pour Jacob à Sichem (Genèse 33,20) et à Béthel (Genèse 35, 1.3.7).

 

2 – L’importance de la stèle est soulignée par le fait que c’est Jacob lui-même qui dresse une stèle sacrée, une massébah, au sanctuaire de Béthel (Genèse 28, 18.22 ; 31,13) ainsi qu’à Galaad (Genèse 31,45 ; 35,14). D’autres stèles seront rattachées ultérieurement à Moïse lorsqu’il dresse un autel au pied de la montagne (Exode 24,4) et à Josué qui dresse une « grande pierre » à Sichem (Josué 24,26).

 

 

Massébah découverte au nord du Wadi Botem

 

3 – Quant à l’arbre sacré des sanctuaires locaux, il pouvait s’agir de chênes, comme ceux de Mambré (Genèse 13,18 ; 14,13 ; 18,1), de Moré (Genèse 12,6 ; Deutéronome 11,30) ou de Béthel (Genèse 35,8) d’un tamaris, comme celui que planta Abraham à Béérshéba d’après Genèse 21,33, d’un « térébinthe » comme celui de Sichem (Genèse 35,4 ; Cf. 12,6 ; Josué 24,26), ou de quelque arbre verdoyant symbole de puissance et de vie.

 

 

J

 

 

Vue d'artiste de Joseph en Egypte

 

Le groupe Israël-Joseph :

 

La figure du patriarche Jacob a été identifiée à celle d’Israël (Gn 32,29) à la suite de l’alliance des Benê-Israël (Benê = Fils) avec les Benê-Jacob. Primitivement le groupe des Benê-Israël était distinct de celui des Benê-Jacob. D’après les données de topographie historique, le nom « Israël » vient probablement d’un clan, appelé aussi « Asriel », installé dans la montagne d’Ephraïm, non loin du sanctuaire de Silo, clan et sanctuaire rattachés au groupe qui a vécu l’expérience de l’Exode sous la direction de Moïse puis de Josué. De fait, la montagne d’Ephraïm a été un moment organisée de façon autonome en « maison de Joseph » (Juges 1,22 et ss.) et c’est Joseph qui est présenté comme l’ancêtre éponyme de ce groupe qui a joué un rôle central dans la formation de la Confédération israélite.

 

Vue d'artiste de Moïse avec les tables de la Loi. 

 

Le groupe hébreu des Benê-Joseph/Benê-Israël séjourna un certain temps en Egypte, au pays de Goshen, à la limite orientale du delta du Nil. Il y était employé, en particulier, aux travaux de construction des villes-entrepôts égyptiennes de Pitôm et de Ramsès (Exode 1,11). Sous la direction de Moïse, un « Hébreu » ayant probablement reçu une culture égyptienne, ce groupe réussit à quitter l’Egypte, vraisemblablement sous le règne du pharaon Ramsès II, vers 1270-1250 avant notre ère. Il semble être resté un certain temps dans les environs de Qadesh-Barnéa, à la limite du Négeb et du Sinaï (Nb, 13, 26 ; 20, 1 ss. à, ce qui permit à Moïse de faire accepter à ce groupe les fondements du particularisme religieux yahviste : YHWH sera leur unique divinité et ils ne s’en feront pas de représentations sculptées.

 

Après quelques batailles avec les rois cananéens et avec l’Egypte, les clans israélites se tournèrent vers le nord et occupèrent la montagne d’Ephraïm, c’est-à-dire la zone de montagnes et de collines situées entre Jérusalem et Sichem.

 

 

 

Article en construction.

 

 

 



06/03/2007
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