Moines et mouvements Rose-Croix

MOINES ET MOUVEMENTS ROSE-CROIX

 

(Extrait de l’ouvrage de Sédir : Histoire et Doctrines des Rose-Croix, Ed. Bibliothèque des Amitiés Spirituelles, 1932)

 

Le recueillement des cloîtres au Moyen-Âge fut éminemment favorable au développement de la pensée mystique et occultiste. Les religieux qui ont laissé un nom dans l’histoire de l’ésotérisme sont nombreux : saint Thomas d’Aquin, Arnaud de Villeneuve, Albert le Grand, Les Lulle, saint Bonaventure et beaucoup d’autres sont encore étudiés de nos jours comme des maîtres en la matière.

 

Le clergé séculier leur accordait d’ailleurs aide et protection ; les papes eux-mêmes s’occupaient de ces branches secrètes de la science.

 

En 1386, l’archevêque de Trèves, comte de Falkenstein, fait composer par Jean Dumbeler, Anglais, une compilation de l’Ortholain (l’ouvrage le plus important de cet alchimiste célèbre est intitulé : Practica vera alchimica. 1358 in Theatrum chymicum). Est-ce un ancêtre de ce comte de Falkenstein dont Karl Kiesewetter raconte l’histoire ? (Karl Kiesewetter : Histoire de l’Ordre de la Rose-Croix dans l’initiation de Juillet 1898) Nous n’avons pas eu les moyens de vérifier cette généalogie.

 

On trouve dans la collection de Rymer un grand nombre de lettres royales assurant aux alchimistes anglais aide et protection. Le plus ancien de ces documents est daté de 1444, sous le règne d’Henri VI, et l’un d’eux mentionne déjà le rite d’Heredom. Le lieu de réunion de ces alchimistes était, comme le confirme George Ripley, l’église de Westminster.

 

Trithème écrit, le 10 mai 1503, une lettre à Johann de Westerburg pour le prier de le défendre contre des accusations de sorcellerie. Il reconnaît avoir lu et compris beaucoup de livres de magie et de conjurations, mais déclare que toutes ces études n’ont fait qu’affermir en lui la foi chrétienne. Le Colloquim spiritus mercurii cum fratre Alberto Bayero sive Bavaro, monacho carmelitano, imprimé à la suite de la Lucerna salis philosophorum secundum mentem Sendivogii, Geberi et aliorum, Amsterdam 1658 prouve encore que les moines s’occupaient avez zèle d’alchimie ainsi que de conjurations, à cause des exorcismes, comme l’auteur l’a vue en Espagne et en Italie.

 

Lucerna a tous les caractères d’un ouvrage rosicrucien ; on y parle de vieux livres égyptiens qui pouvaient être simplement des manuscrits, comme l’ouvrage de Zozime le Panopolitain dont Anatole France a rajeuni le nom dans Rôtisserie de la Reine Pédauque.

 

Enfin l’organon mystique de l’enseignement chrétien résume ses plus merveilleux efforts dans le livre splendide de l’Imitation de Jésus-Christ que les Rose-Croix de 1614 prendront comme leur bréviaire et proposeront à leurs néophytes comme un guide infaillible. Ces adeptes affirment ainsi leur créance au Verbe fait chair, leur synthétisme permanent et la notion expérimentale qu’ils possédaient du rôle de Notre Sauveur comme chef et centre de tous les mondes.



03/11/2006
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