Règles et préceptes des Rose-Croix - Sédir

(Histoire des Rose-Croix par Sédir. Ed. Bibliothèque des Amitiés Spirituelles)

 

REGLES ET PRECEPTES DES ROSE-CROIX

 

 

 

Il faut nous faire maintenant une idée maintenant une idée de ce qu'on entendait au XVIIe siècle par la Rose-Croix. Nous nous bornerons pour cela à rapporter les dires des contemporains.

 

Voici d'abord les déclarations nettes de la Fama :

Chacun des frères est tenu de suivre les règles suivantes :

 

1°) Utiliser les travaux du père ;

2°) Poser un nouveau fondement à l'édifice de la Vérité ;

3°) Chacun peut en être ;

4°) Reposer dans l'unique vérité, allumer le sixième candélabre

5°) Ne pas se préoccuper de la pauvreté, de la faim, de la maladie, de la vieillesse ;

6°) Vivre à toute heure comme si l'on était là depuis le commencement du monde ;

7°) Se tenir dans un lieu ;

8°) Lire le Liber Mundi

9°) Enchanter les peuples, les esprits et les princes ;

10°) Dieu augmentera en ce temps le nombre de nos membres.

 

Voici les motifs qu'ils donnent de se joindre à eux :

 

1°) Fuyez les livres alchimiques et leurs sentences,  et les souffleurs qui cherchent votre argent ;

2°) Les Rose-Croix cherchent à partager leurs trésors ; mais ceux qui veulent les dérober tombent sous la puissance du Lion (symbole du Princeps hujus mundi)

3°) Ils conduisent à la science de tous les secrets avec simplicité et sans phrases mystérieuses ;

4°) Ils offrent plus que des palais royaux ;

5°) Ils le font non par leur propre volonté, mais poussés par l'Esprit de Dieu ;

6°) Eveiller les dons qui sont en vous par l'expérience du Verbe de Dieu et par une considération appliqué de l'imperfection de tous les arts ;

7°) Se tenir en Christ, condamner avec le pape, vivre chrétiennement ;

8°) Appeler à notre société beaucoup d'autres à qui la lumière de Dieu est aussi apparue ;

9°) Tous les trésors disséminés de la nature seront partagé entre eux ;

10°) Saisir tout ce qui est obscur à l'entendement humain. Ils déclarent que leur panacée ne préserve pas de la mort fatale. Et bien, qu'ils puissent rendre chacun heureux et diminuer la misère du monde, ils ne le font pas, parce qu'on ne peut les trouver qu'après un grand travail et étant envoyé par Dieu. Leurs pouvoirs : guérir et éviter la maladie ; la science occulte, l'embaumement, les lampes perpétuelles, la prophétie, les chants artificiels, la transmutation, etc. constituent ce qu'ils appellent un parergon.

 

 

Mais leur œuvre  réel n'est pas indiqué. Michel Maïer a consacré un livre, que nous avons déjà plusieurs fois mentionné, qu'il appelle symboliquement Themis aurea, à l'exposé des lois plébiscitaires adoptées par les Rose-Croix. Comme le senaire est un nombre parfait, ni trop grand pour créer de la confusion, ni inférieur à l'harmonie, et que celui qui suit la nature doit obéir à des lois simples, les adeptes ont accepté six règlement, à savoir :

 

1°) Que nul d'entre eux, s'il est en voyage, ne déclare d'autre profession que celle de soigner gratuitement les malades ;

2°) Que nul ne doit être forcé, à cause de son affiliation, de revêtir un costume spécial, mais qu'il s'accommode des habitudes du pays où il se trouve ;

3°) Que chaque frère est tenu chaque année, au Jour C. (jour de la Croix), de comparaître devant le temple du Saint-Esprit, ou de déclarer par lettre les causes de son absence ;

4°) Que chaque frère doit choisir avec soin une personne habile et apte à lui succéder après sa mort ;

5°) Que ce mot R.C. ait pour eux une force de symbole, de caractère et de sceau ;

6°) Que cette fraternité doit être cachée cent ans.

 

 

Les règles fondamentales de cette société, dit Michel Maïer, sont de révérer et de craindre Dieu par-dessus toute chose ; de faire tout le bien possible à son prochain ; de rester honnête et modéré ; de chasser le diable ; de se contenter des moindres choses dans la nourriture et le vêtement, et d'avoir honte du vice… Il est puéril de leur reprocher de ne pas tenir à leurs promesses, car il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus ; les maîtres de l'Ordre montrent de loin la Rose, mais ils présentent la Croix… Ils désirent plus la réforme des sciences et du monde qu'ils ne l'attendent ; leur étude principale, la thérapeutique, a trois objets : le corps, l'esprit et l'âme.

 

D'après Fludd, les frères étaient divisés en deux classes : la première, intitulée Aureae crucis fratres, comprenait les théosophes ; la seconde se composait des Rosae crucis fratres, qui bornaient leurs recherches aux choses sublunaires. Fludd aurait appartenu à la première catégorie.

 

Florentinus de Valentia, répondant à une attaque de F.G. Menapius du 3 juin 1617, nous donne de très importants détails sur l'esprit qui anime les Frères. Ils font, dit-il, le contraire des savants qui disputent sur la logique et non sur la chose.

 

« Menapius dit que les Rose-Croix sont des sorciers, des magiciens noirs, des diables incarnés. Cela est faux, car ils aident tous les jours sans interruption le monde, mais anonymement.

 

Ils ont, en mécanique, les miroirs d'Archimèdes

En architecture, les sept merveilles, les automates d'Archytas, de Bacon, d'Albert, les miroirs, le feu perpétuel. En arithmétique, la rhythmomachie, l'usage et la composition de la roue de Pythagore, sa méthode pour donner un nombre à toute chose jusqu'à Dieu. En musique, celle de la nature et de l'harmonie des choses.

En géométrie, la quadrature du cercle. »

 

 

L'auteur laisse à leur place Agrippa, Trithème et P. D'Apono, bien qu'ils aient caché beaucoup de choses sous leurs nécromancies, surtout Trithème. Celui qui comprend les caractères et les signatures que Dieu a imprimés dans le Grand Livre de la Nature, que conduit le spiritus mundi unversalis, et qui contemple la genèse et l'enchaînement des créatures, en crainte de Dieu, trouvera des choses que Menapius jugera impossibles.

 

Les Rose-Croix cherchent le Royaume de Dieu, la régénération en Jésus-Christ en lisant le seul livre de la Vie.  Florentinus de Valentia prend ensuite la première personne comme s'il voulait laisser entendre qu'il faisait lui-même partie de cette vénérable fraternité ; il dit :

 

« Nous écoutons la Parole en esprit dans un sabbat silencieux. Le livre qui contient tous les autres est en toi, et dans tous les hommes. C'est lui qui conduit à la sagesse, qui guide les sages, qui m'a donné la connaissance de tout, de la création, des temps, des étoiles, des animaux, des pensées, des hommes, des plantes.

 

Le royaume de Dieu est en vous. (Luc XVII, 21).

 

La Parole est la sagesse de Dieu, son image, son esprit, sa loi, le Christ en l'homme. De même que le petit doigt mis devant l'œil empêche de voir toute une ville, de même un petit défaut empêche de voir le trésor de la Régénération… Adam n'a chu que par sa propre volonté…

Je ne peux ne rien être et ouïr tout, m'abandonner à Dieu comme un enfant, accommoder ma volonté à la sienne, le chercher avant tout, laisser agir son royaume en moi. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



09/11/2006
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