Le château d'Anet demeure philosophale et temple de la Lune?

LE CHATEAU D'ANET

 

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Demeure philosophale et temple de la Lune?

 

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Si Versailles est un château dédié au Soleil dans la personne du Roi Louis XIV, Anet est un château dédié à la Lune dans la personne de Diane de Poitiers (31/12 1499 – 25/04/1566). Cet édifice ne laisse pas indifférent le visiteur, qui est sans cesse interpellé par la présence omniprésente des triples lunes, et des cornes de Diane, c'est-à-dire le croissant lunaire. Au cours des différents visites guidées, ont vous explique que ces croissants lunaires, n'ont rien à voir avec l'ésotérisme, ou de quelconques pratiques occultes, mais sont le plus simplement du monde le chiffre de Diane de Poitiers, si ont relie les 3 lunes nous obtenons un delta, quatrième lettre de l'alphabet grec et première lettre du nom Diane. Cette trinité lunaire représente un ménage à trois : Henri II, Catherine de Médicis et Diane de Poitiers. Pourtant le tracé du delta grec à partir des 3 lunes n'est pas toujours aisé, comme sur cet exemple ci-dessous :

 

Copyright ZES/ERG 2007  - Ballustre avec sceaux de Salomon et croissants lunaires.

 

Copyright ZES/ERG 2007 - Vue d'ensemble des symboles le D et le H de Diane et du Roi Henri II se montrent pour qui sait lire les symboles, mais il y a aussi une symbolique astrologique et alchimique qui se dégage.

 

Le problème est qu'il n'y a pas que la lune triple qui est présente à Anet, ont trouve également un chiffre plus classique pour Diane, avec les deux D imbriqués l'un dans l'autre, mais des sceaux de Salomon qui seraient aussi le chiffre de Diane « double delta », et plus intéressant piste qui penche vraiment pour des pratiques magiques, le pentacle, qui lui, n'a rien à voir avec le chiffre de Diane ! Mais personne n'en parle au cours de ces visites guidées, comme si ont voulait passer sous silence des éléments qui peuvent poser quelques problèmes à la vision officielle de l'histoire de ce lieu.

 

Copyright 2007 ZES/ERG - La porte d'entrée du château s'inscrit elle aussi dans un delta, la présence de Diane est partout, et l'ésotérisme omniprésent.

 

Histoire officielle :

 

En 1547, Diane de Poitiers fait commencer la construction de ce superbe château. L'emplacement avait déjà connu au Moyen-Âge deux autres châteaux. Le premier au XIIe siècle était une forteresse médiévale, il fut habité à de nombreuses reprises par Philippe II Auguste, et s'en servit comme point de départ dans sa lutte contre l'occupant anglais en Normandie. En 1378 le château est démantelé sur ordre de Charles V, pour punir une félonie de son beau-frère Charles le Mauvais.

 

En 1470, Charles de Brézé, sénéchal de Normandie, fait édifier un manoir de briques, dont ont peut encore admirer un bâtiment derrière la chapelle d'Anet. 

 

Copyright ZES/ERG 2007 - Ces magnifiques bronzes sont une copie des originaux. A l'époque de Diane de Poitiers, Déesse des lieux, il s'agissait d'automates, qui marquaient les heures et les minutes. Cela donnait l'impression de vie et d'une chasse en mouvement. Exceptionnel en France. Anet décidément réserve bien des surprises.

 

Arrive Diane de Poitiers :

 

Lors Jacques de Brézé mourut 1490, son fils Louis de Brézé, comte de Maulevrier, seigneur d'Anet, Sénéchal de Normandie, pris sa succession. Veuf de Catherine de Dreux, il épouse Diane de Poitiers. Diane est née le 31 Décembre 1499 au château de Saint-Vallier dans la Drôme, elle fut éduquée par la fille préférée de Louis XI, Anne de Beaujeu. Elle devient la dame d'honneur de Claude de France, l'épouse du roi de France, François Ier. François Ier partageait son goût pour la vénerie avec Louis de Brézé et Diane et à ce titre se rendait régulièrement à Anet avec son épouse et la Cour. En 1518, de l'union de Diane et de Louis, né une fille, Françoise de Brézé, dont le prénom fut choisi en l'hommage du roi. Puis, naquit Louise trois ans plus tard.  Louis de Brézé décède le 23 Juillet 1531 au château d'Anet. Il fut inhumé la cathédrale de Rouen, dans un magnifique tombeau que son épouse lui fit construire. Le fils de François Ier, Henri II, porta, dés son plus jeune âge, une affection sans borne à Diane. Cet  amour platonique qui devint liaison lorsque Henri II atteint les 20 ans, n'évita pas le mariage de ce dernier avec l'italienne Catherine de Médicis en 1533. Lorsque le frère aîné du dauphin Henri décède en1536, lui laissant l'accès au trône, la position de Diane de Poitiers se renforce au grand damne de la dauphine Catherine que se résigne.

 

En 1546, Diane décide de faire construire un château plus imposant que le manoir des Brézé qui lui a servi de demeure jusqu'ici. Elle fait appel à l'architecte  Philibert de l'Orme. Les travaux débutent en 1547. La chapelle est construite en trois ans (1549-1552). Par la suite, c'est le corps de logis qui est construit et les jardins. A partir de cette date, fêtes et réceptions se succéderont à Anet, pour le plus grand bonheur d'Henri II et de Diane de Poitiers.

Henri II meurt en 1559, à la suite d'un tournoi où il a été mortellement blessé par le capitaine de sa garde écossaise, Montgomery. François II étant encore trop jeune pour gouverner, c'est Catherine de Médicis qui assure la régence avec l'aide des Guise. Diane, humiliée, quitte la Cour pour Anet, Catherine de Médicis se contentant de lui échanger le château de Chenonceaux contre celui de Chaumont. Diane de Poitiers se consacre à l'administration de ses nombreux domaines. Sentant sa mort proche, en 1565, elle rédige son testament dans lequel elle demande qu'une seconde chapelle soit construite à Anet pour abriter son tombeau. Après un dernier voyage dans le Dauphiné, elle rentre à Anet et meurt d'une brusque maladie le 25 Avril 1566.

 

Voilà pour l'histoire officielle du château, qui constitue une sorte de Taj Mahal occidental dédié à Diane.

 

 

 

La franc-maçonnerie écossaise dans l'entourage d'Henri II ?

 

Des éléments troublants, présence de francs-maçons autour d'Henri II ? :

 

La garde écossaise d'Henri II : L'Ecosse abrite les plus anciennes loges maçonniques du monde, et c'est très probablement en Ecosse que les premiers francs-maçons au sens modernes du terme sont apparus, si l'on s'en réfère aux travaux du Professeur David Stevenson de l'Université de Saint Andrew.  Son travail porte sur les années 1598 à 1717, donc bien postérieures à l'époque d'Henri II, mais il est raisonnable de penser, que déjà des loges maçonniques étaient constituées et qu'il y avait des francs-maçons dans sa garde écossaise. Rappelons que la plus ancienne trace maçonnique positive date de 1483 à Aberdeen en Ecosse.  Voici l'histoire de cette loge d'où essaima ensuite de nombreux maçons à travers l'Ecosse :

 

À cette époque, le chœur de l'église paroissiale de Saint-Nicolas était en cours de reconstruction. William Saint-Clair était mort le 3 juillet 1480. Après sa disparition, ses domaines avaient été scindés et les maçons qui travaillaient sur la chapelle de Rosslyn avaient quitté le village de Roslin pour se disperser dans toute l'Écosse et au-delà. Il ne paraît pas impossible ni même improbable que quelques-uns de ces maçons aient cherché du travail à Aberdeen.

Au moins six maçons faisaient alors partie d'une Loge dans cette ville. Le professeur David Stevenson, de l'université de Saint-Andrews, rapporte que les minutes du Burgh Council (le conseil municipal de l'époque) d'Aberdeen fut appelé pour régler un différend entre « six maçons de la Loge » [six masownys of the luge]. Des amendes furent infligées pour les délits commis, avec menace d'exclusion de la Loge en cas de récidive.

La Loge d'Aberdeen consigna tous ses rituels et ses traditions historiques quand le Maître des travaux du roi Jacques VI, William Schaw, instaura un système de Loges formel en 1599. Cette initiative avait encouragé toutes les Loges à mettre par écrit leurs statuts et règlements internes. Ceux d'Aberdeen montrent que la Loge pratiquait le mot de maçon bien plus de cent ans avant que les francs-maçons de Londres aient soi-disant appris les rituels de la franc-maçonnerie auprès des artisans de leurs chantiers locaux :

 

Nous tous, Maîtres maçons et Apprentis entrés qui avons signé, proclamons et jurons comme nous l'avons fait lors de notre intronisation, quand nous avons reçu le bénéfice du mot de maçon, que nous tiendrons [serons présents] cette honorable Loge en toute occasion sauf ceux qui peuvent fournir une excuse pour raisons légales, maladie ou absence de la ville.

 

Sources pour la loge d'Aberdeen :

http://www.prismeshebdo.com/prismeshebdo/article.php3?id_article=771

 

Il n'est donc pas impossible que des francs-maçons écossais des « Anciens » aient pu être dans l'entourage du Roi de France de l'époque Henri II, et que ce dernier ait pu donc, s'intéresser de manière discrète à l'Ordre maçonnique, par proximité de cet entourage immédiat de sa garde. Cela pourrait très bien être le même phénomène, mais en moins important, qu'avec les Stuart venus en France en Exil avec une garde écossaise, qui abritaient de nombreux francs-maçons Ecossais. Mais ces éléments n'expliquent pas la symbolique étrange de ce château d'Anet. Et bien sur, nous ne disons pas qu'une loge maçonnique écossaise aurait tenue travaux en ces lieux, nous ne le pensons pas, en revanche, comme nous allons le voir, ce château aurait pu connaître une toute autre activité de nature non pas initiatique mais ésotérique. Car à Anet, nous sommes au cœur même de la définition du mot ésotérique « ce qui est caché au profane ».

 

Le château d'Anet temple astronomique dédié à Diane/Séléné ?

 

Copyright ZES/ERG 2007

 

 

Arrêtons nous un instant sur ce que dit d'Anet l'un des biographes de Diane de Poitiers, monsieur Ivan Cloulas :

 

« L'immense chantier d'Anet emploie des ouvriers royaux. L'arsenal exécute la fonte du grand cerf et des chiens du portique d'entrée : Philibert de l'Orme en commande les bronzes au fondeur Benoist le Boucher, le 1er Juin 1555… Partout dans Anet, fleurissent les devises. Les parquets et les lambris sont incrustés des armes et initiales de Diane et d'Henri en marbre ou bois précieux. Les symboles les plus fréquents sont les branches d'olivier enlacées, entourées de la légende Sola vivit in illo, « Seule elle vit en lui », et encore le croissant, accompagné de la devise Donec totum impleat orbem, « Jusqu'à ce qu'il remplisse tout le cercle… Henri II aimait chanter ce psaume (psaume 42) à la chasse et à Diane, traduction de Pierre-Robert Olivier pour les Vaudois des Alpes : Comme le cerf altéré brait Après le décours des eaux, Ainsi brait mon âme Après toi, ô Dieu ! Diane de Potiers lui répondait alors par un autre hymne. »

 

L'auteur semble se tromper sur un point, le symbole omniprésent à Anet, ne sont pas le branches d'olivier enlacées, mais bien la triple lune et le croissant lunaire.

 

Copyright ZES/ERG 2007 - L'un des instruments astronomiques d'Anet.

 

 Copyright ZES/2007 - L'un des instruments astronomique vu de dos.

 

Des éléments étranges sont présents dans le château, présenté comme des figurations du soleil. Mais il s'agit bien d'instruments astronomiques de la Renaissance, avec lesquels, ont s'orienter sur la voûte céleste pour étudier le Cosmos.

 

Copyright ZES/ERG 2007 - La beauté et l'harmonie : le Cosmos

 

Copyright ZES/ERG 2007 - L'Harmonie du Monde - La terre écho du ciel.

 

La magnifique coupole hémisphérique  due au génie de Philibert de l'Orne est elle-même une représentation symbolique de la voûte céleste. Ce travail harmonieux et de maîtrise absolue de la géométrie s'inspire de celle de Rome avec son oculus central. Au sol un dallage magnifiquement agencé, répond au schéma géométrique de la coupole, et évoque la table d'Emeraude attribué à Hermès Trismégiste, « ce qui est en haut comme ce qui est en bas. » La coupole comme le dallage comprend un entrelacs de 18 cercles.

 

Un article très intéressant sur la conception de ce pavement aux 18 cercles est visible sur ce lien :

 

http://www.irem.univ-montp2.fr/archi/mathtxt/pavanet.php

 

 Cette table parle de la lumière astrale et de la quête de la pierre philosophale. La « Tabula Smaragdina » était très connue pendant la Renaissance.


Voici ce texte de la Table d'Emeraude:

 

Paroles des arcanes d'Hermès - Il est vrai, sans mensonge, certain, et très véritable que ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut comme ce qui est en bas : pour l'accomplissement des merveilles de la chose unique. Et de même que toutes choses se sont faites d'un seul, par la médiation d'un seul, ainsi toutes choses sont nées de cette même unique chose, par adaptation. Le Soleil est son père, la Lune est sa mère ; le Vent l'a porté dans son ventre et la Terre est sa nourrice. C'est le père de l'universel télesme du monde entier. Sa puissance est entière quand elle est métamorphosée en terre. Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l'épais, avec délicatesse et une extrême prudence. Il monte de la terre au ciel, et derechef il descend en terre, et reçoit la force des choses d'en haut et d'en bas. Ainsi tu auras la gloire de l'univers entier, par là toute obscurité s'enfuira de toi. Là réside la force forte de toute force qui vaincra toute chose subtile, et pénétrera toute chose solide. Ainsi le monde a été créé. De là proviendront des adaptations merveilleuses dont le mode est ici. C'est pourquoi je fus appelé Hermès Trismégiste, possédant les trois parties de la philosophie de l'univers entier. Ce que j'ai dit est complet sur l'opération du Soleil.

 

Philibert de l'Orme (vers 1510-1570)qui était l'architecte d'Henri II et de Diane était né dans une famille de maîtres maçons opératifs, et nul doute qu'il connaissait très bien les arcanes de l'Art Royal, et les mystères du symbolisme. Philibert veut rompre avec l'art gothique, il est imprégné de culture savante ancrée dans la Renaissance. Il fait directement mention dans le livre II de son traité d'architecture publié en 1567, à la géométrie secrète porteuse d'un ésotérisme, et aux confréries initiatiques de maçons médiévaux. Le grand architecte aurait fait parti d'une société initiatique qui s'appelait AGLA (acrostiche d'une célèbre formule magique inspirée de la Cabale Ata Gabor Leolam Adonaï), et qui se réunissait à Lyon, ils pratiquaient déjà l'acceptation des maçons non membre du métier. Au regard de ces informations, nul doute que Philibert de l'Orme ait échangé avec le Roi de France Henri II, et avec Madame de Valentinois (Diane de Poitiers), des conversations, des enseignements sur la géométrie sacrée et secrète.

 

 Copyright ZES/ERG 2007 - Le "delta" de" Diane - Chapelle sépulcrale d'Anet.

 

Rappelons que le symbole du Grand Architecte de l'Univers est justement appelé « Delta », nous sommes effectivement au cœur même de l'ésotérisme. Le chiffre de Diane est aussi le symbole du Grand Architecte de l'Univers, et nous pensons que c'est pas du tout un hasard.

 

 Copyright ZES/ERG 2007 - La chapelle d'Anet au symbolisme cosmique

 

L'étrange chapelle du château est lui même un temple dédié aux mystères du Cosmos. Son plan est celui d'un véritable enseignement maçonnique, en effet, son plan est celui d'une croix grecque inscrite dans un carré, cela est le symbole des 4 points cardinaux et le carré dans le symbolisme platonicien est la Terre. Nous avons donc une représentation de notre planète représentée de manière symbolique. L'élévation du plan conduit progressivement vers la coupole, symbole de l'Univers et de l'infini. La progression conduit étape par étape vers les mystères célestes, jusqu'à l'oculus central, image du suprême mystère, œil qui voit tout de l'Architecte des Mondes. La coupole est la projection verticale d'une spirale sur une sphère. (De manière étrange, nous retrouvons la même conception dans la construction de certains temples utilisés par l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, avec la présence d'un escalier en spirale s'inscrivant dans une sphère!) La coupole est surmontée d'un lanterneau à colonnades.

Copyright EZS/ERG 2007 - L'étonnante croix flanquées de 4 lunes d'or avec étoile centrale et chiffre de Diane et Henri II de France. Le tout avec frise lunaire.

 

 Et au-dessus la très étrange croix, flanquée de 4 lunes, et bien sur, du chiffre de Diane (D) et du chiffre d'Henri II (H) comme pour signifier leur propre rédemption au pied d'une croix d'où irradie non pas la lumière solaire mais la lumière lustrale : lunaire.

 

Copyright ZES/2007 ERG - L'une des deux magnifiques sphères armillaires de la chapelle d'Anet.

 

La chapelle possède également deux toits en forme de pyramide surmonté chacun de deux sphères armillaires (instruments astronomiques servant à représenter les mouvements célestes des planètes et du soleil, et l'écliptique), elles-même dominées par deux magnifiques croissants lunaires représenté horizontalement, comme ils peuvent être vu d'Egypte, ou partout en Orient. Clin d'œil ? hasard ? sens caché? A vous de vous faire une opinion.

 

Diane de Poitiers et Michel de Nostredame :

 

Nostradamus aurait annoncé par deux fois (le 4 mai 1455 et en 1557) la mort d'Henri II de France, l'une des prophéties qui se seraient vraiment réalisées.

 

Il précise que ses présages pour 1557 concernent aussi les deux années suivantes, 1558 et 1559. Or qu'en est-il dans le texte de l'almanach ? Hormis deux mentions strictement météorologiques, le texte ne contient que deux passages significatifs se rapportant à ces années : l'un pour 1558, l'autre pour 1559.

"Diophanes en supputant depuis 1556 jusques à 1558 faisant inclusion de la presente [année 1557], & y avoit dens ce terme mutation de Monarchie, non du loyer mais du Prince, & mesmes concernant la supreme hierarchie, quoy que soit nous remettrons le tout a la puissance infinie de dieu."

 

Diophanes de Nicée (1er siècle BC) est l'auteur d'un traité grec sur l'agriculture (les Georgika), aujourd'hui perdu, fondé en partie sur les effets météorologiques des phases lunaires. Ce traité astro-météorologique pourrait être l'une des sources premières de Nostradamus. Quelques extraits de ce texte sont mentionnés dans une compilation byzantine, les Geoponika de Bassus Cassianus, aussi attribuée au philosophe présocratique Démocrite. 

 

 

Copyright ZES/ERG 2007 - Meuble comportant la triple lune et le pentacle

 

Nostradamus fait dire à Diophanes que l'année 1558 verra un changement de prince et de gouvernement. Cependant le présage est repris un peu plus loin dans le texte, cette fois sous l'égide de "Démocrite" et de "Zoroastre", et se rapporte au mois de juin 1559.

"En ce moys [de juin] la France sera [fera] perte par quelques Princes estrangiers, par la mort inopinée, & d'estrange langue qui seront grandement a plaindre. Par les hebdomades de Democrite en met un sub ariete [sous le signe du Bélier], zoroastre le met a 1559 puis felicité."

 

Vous remarquerez ici encore l'importance de la lune… Nostradamus étudie de près cet astre pour établir, avec des méthodes héritées de la cabale hébraïque, ces célèbres quatrains.

 

Si le célèbre médecin Michel de Nostredame connaît bien Catherine de Médicis, la Reine de France, il aurait été appelé à Anet par Diane de Poitiers, et se serait entretenu avec lui de la mort de son amant, et des sciences traditionnelles.

 

A l'époque ont accordait une grande importance aux conjonctions astrales, et l'une d'elle laissait prévoir qu'un grand personnage du Royaume serait blessé mortellement à la tête, une conjonction qui aurait pu être étudié à Anet même, à l'aide d'instruments astronomiques.

 

Des fées à Anet ?

 

Un conte du XVIIe siècle parle de fées qui aurait ordonné à un personnage de se rendre à Anet. Anet aurait également abrité des êtres de féeries.

 

Un réseau de souterrains :

 

Comme tout château et nous l'avons vu, le site à déjà compté un château médiéval, il y a sous Anet un important réseau de souterrains, dont certains vont jusqu'à Dreux et Oudan, ce qui est considérable. Voici encore quelques années, des entrées étaient visibles dans la ville, mais maintenant comblées pour raisons de sécurité. Les souterrains étaient connus à l'époque d'Henri II et de Diane, et devaient encore servir à l'époque. Une fouille archéologique aurait été intéressante, mais c'est impossible, car de nombreuses portions de ce réseau sont éboulés et obstrués. Ainsi les souterrains d'Anet gardent tout leur mystère.

 

Copyright ZES/ERG 2007 - Etrange présence du pentacle dont personne ne signale l'existence au château, et qui ici n'a rien à voir avec le chiffre de Diane ou d'Henri II. A moins bien sur d'y voir 5 delta autour d'un pentagone! Mais cela ne semble pas du tout le sens du pentacle ici présent.

 

Conclusion :

 

Nous pensons que ce château est une véritable demeure philosophale, entièrement dédié aux sciences traditionnelles que sont l'astrologie et l'alchimie, mais aussi à la philosophie hermétique très étudiée pendant la Renaissance. La présence du Cerf semble également cacher plusieurs sens, outre l'animal de Diane chasseresse, chère à la mythologie gréco-romaine, c'est aussi le symbole du grand Cernunos, le roi des forêts et le dieu de l'abondance et des richesses cachées des anciens celtes. Il est décrit comme le cerf aux cornes d'or chez les Anciens. Le delta, la triple lune (devenu de nos jours un symbole des Wiccans, ces adeptes d'une religion de la Nature, étrange destinée d'un symbole), le Pentacle, et bien d'autres sont présents à Anet, et un grand absent : le soleil.

 

Ce lieu est emprunt de mystère, et est l'un des exemples type d'un château comportant une multitude de liens par le symbole avec l'Hermétisme, l'alchimie et l'astrologie. Certes, le chiffre de Diane ? Mais nous sommes ici en plein ésotérisme, il y a le sens destiné au public et celui destiné aux initiés, le symbolisme d'Anet est à plusieurs sens de compréhension, et chacun peut choisir celui qui lui convient.


Actuellement la ligne officielle du château est de passer sous silence ces éléments, mais il est difficile de dire que Philibert de l'Orme était par exemple un architecte ayant bâtie une simple chapelle destinée aux prières, quand ont connaît son intérêt et son implication personnelle dans les traditions ésotériques de la Renaissance, qui devaient peu à peu, conduire le monde à se libérer de l'emprise du despotisme religieux et à l'examen scientifique du monde avec la fondation comme résultante et conséquence, beaucoup plus tard  de la Royal Society de Londres.


Anet vous interpellera au cours de votre visite, admirez ces innombrables symboles, ils sont magnifiques, ils célèbrent les noces secrètes de Diane avec Henri II, mais aussi avec la magie de la nuit, et le sens caché du monde.

 

Copyright ZES/ERG 2007 - L'élégant symbole de la triple lune est présent partout dans le château d'Anet, dans la pierre, le bois ou encore les peintures. Cela en fait une demeure lunaire au sens symbolique.

 

Copyright ZES/ERG 2007 - Diane en présence du cerf aux cornes d'or, derrière la chapelle d'Anet.

 

Copyright ZES/ERG 2007 - Le tombeau de Diane dans la chapelle sépulcrale d'Anet. La chapelle sépulcrale est le bâtiment qui possède le moins d'éléments symboliques et ésotériques. (notons la présence de "deltas" sur la façade). Les révolutionnaires ont profanés ce tombeau, ils auraient trouvé le coprs de Diane de Poitiers en bon état de conservation malgré les 2 siècles qui étaient passé. Ces restes reposent en paix dans le cimetière de la ville depuis. Diane fut une femme exceptionnelle dont la beauté de l'esprit rivalisait avec ceux des plus fins politiques de l'époque.

  

Essai sur la symbolique du chiffre de Diane 

Par
Adama

 

Le chiffre de Diane tel qu'il est appelé est un symbole très particulier, et qui éveille la curiosité des visiteurs des sites où il est présent, notamment au château d'Anet en Haute Normandie à environ 80 km de Paris.

 

Signalons de suite qu'il ne s'agit pas du seul « chiffre de Diane », il y a aussi un autre chiffre bien plus conventionnel formé par deux D entrelacés, comme montré ci-dessous, ici effectivement, rien que de tout à fait normal, ce type de chiffre se retrouve également pour Louis XIV plus tard, avec les double L. Rien d'ésotérique ou de magique. Ont trouve à Anet encore la présence du Delta grec, sous forme d'un triangle, qui serait la première lettre de Diane chasseresse, et bien sur, de Diane de Poitiers, un autre chiffre, la présence de sceaux de Salomon, composés de deux triangles entrelacés, semblable en tout point à la célèbre étoile de David ou en Hébreu « bouclier de David », ce symbole ayant une fonction magique et protectrice.

 

Pour nos triples lunes, il en va tout autrement. Remarquons de suite, qu'à la différence des autres chiffres, celui-ci n'est pas composé de lettres grecques ou latines, mais de croissants de lune fortement incurvés. Certains auteurs ont dit qu'en reliant les pointes des croissants ont obtenais encore le fameux Delta, donc le chiffre de Diane qui serait « codé » dans cette figure. Mais essayez de retrouver un delta en traçant des lignes sur les extrémités de ces lunes, vous en seraient bien en peine. Ici il s'agit d'autre chose.

 

La Lune a toujours été associée aux mystères et à la magie, aux cultes nocturnes, et à bien des personnages de folklore comme les loups-garous, les vampires, etc. La déesse aux cornes d'argent, tel est le nom de la déesse Diane, et cette déesse n'est autre que l'astre lunaire. Diane de Poitiers devait très certainement s'identifier à l'antique déesse, et a du par conséquent, rendre un culte à la lune, et pratiquer la magie, c'est un fait que l'ont peu déduire et il faudrait entreprendre des recherches historiques pour apporter des éléments à cette hypothèse.

 

La triple lune peut s'identifier aussi au triquetan des Wiccans modernes, mais il existe une différence importante : la rune du bonheur des Wiccans est reliée, les croissants lunaires forment des entrelacs subtils et aucun croissant n'est séparé mais est uni par l'ensemble des liens, formant le triquetan. En revanche, le symbole que l'ont trouve à Anet, dans d'autres châteaux fréquentés par Diane et même sur le blason de la ville de Rocroi, est composé de lunes superposés et entrecroisées, la symbolique en est donc très différentes. Le symbole wiccan est une fusion entre les 3 figures, ici nous sommes en face d'un symbole d'association entre 3 lunes et non de fusion.

 

Association de quoi ? 3 forces magiques ? cela est très probable, mais cela semble être plutôt un symbole alchimique. Il faut savoir aussi, comme le montre le dessin ci-dessous, que la triple lune de Diane comporte à l'origine 3 couleurs précises : le noir, le blanc et le rouge. Ces couleurs sont celle de l'Alchimie, l'œuvre au noir et l'œuvre au rouge, le blanc étant alors la résultante des deux autres œuvres ouvrant le chemin de la pierre philosophale. Donc de la sagesse et de la vie immortelle, c'est la préoccupation par exemple du Rose-Croix arrivé à l'étape ultime de son initiation.

 

 

Le chiffre de Diane est osons le dire, un symbole alchimique et magique.

 

La lune est aussi associée à Israël, nous retrouvons cela dans le Talmud de Babylone, le croissant lunaire annonce la pleine lune, et Israël comme la lune connaît des phases de moindre et de grande gloire. Les trois lunes pourraient alors être un clin d'œil également aux 3 patriarches de la Bible : Abraham, Isaac et Jacob. La présence des sceaux de Salomon ou Bouclier de David dans le château d'Anet pourrait être la piste de cette interprétation ésotérique. N'oublions pas que Michel de Nostredame était en relation non seulement avec Catherine de Médicis, mais aussi avec la magicienne d'Anet : Diane de Poitiers. Nostradamus était d'origine Juive, et connaissait fort bien la cabale, aurait-il pu influencé Diane avec la présence des sceaux de Salomon comme signe apotropaïque pour conjurer les mauvais esprits ?

 

Ce symbole triple n'associe-t-il pas plusieurs connaissances de la Renaissance sur l'astre de Diane ? La lune symbolise le temps qui passe, elle est en association avec l'eau, la pluie, les marées, la fécondité des femmes, la croissance de la végétation, guide la destinée de l'homme après la mort, et préside aux cérémonies d'initiation. Ont rattache au symbolisme de la lune celui de la chouette, qui voit dans la nuit. La lune est aussi symbole de la connaissance discursive, indirecte. Dans l'Antiquité la lune passait pour guérir de certains maux, comme par exemple les verrues à l'époque romaine,  la Lune a donc une fonction de médecine secrète.

 

La lune a dans les mythologies une place de premier plan, elle est tour à tour Sin, Chandra, Isis, Astarté, Isthar, Séléné, Héra, les Parques, etc. Et maintenant j'attire votre attention sur les Parques, et si ce symbole de Diane était celui des Parques ?

 

Les Parques sont au nombre de 3, ce sont les 3 déesses du destin associé avec les 3 phases de la Lune.

 

Filles de Nyx, la Nuit, elles furent engendrées par Érèbe (fils de Chaos et symbolisant les Ténèbres infernales). On les dit aussi filles de Zeus et de Thémis .

Elles se nomment Clôtho, « la Fileuse », Lachésis « le Sort » et Atropos « Qu'on ne peut tourner ». La première file une laine: c'est la naissance. La Fileuse étire le fil de la destinée. La deuxième enroule la laine: c'est le déroulement de la vie dont elle mesure la durée. La troisième coupe la laine: c'est la mort. Elle est celle à qui on ne peut échapper.

 

La triple lune de Diane de Poitiers pourrait très bien être le symbole lunaire des Parques, symbolisant le destin de l'Homme sur ce monde, d'ailleurs ce symbole de Diane de Poitiers est très dynamique, ont d'attendrait à une rotation de ce dernier, image des cycles. Suite de l'article : Diane prénom philosophal? Le lien :

http://koloborder.blog4ever.com/blog/lirarticle-18187-322630.html

 

Les Parques associées aux trois phases lunaires

 

Vue moderne des Parques, s'agit-il de la triple lune  ou chiffre de Diane?

 

 

 



06/05/2007
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